GOOGLE : Une capitalisation boursière record !
Introduite à 85 dollars en août dernier, l'action flirte aujourd'hui avec les 300 dollars. Si les analystes écartent la crainte d'une bulle spéculative, ils estiment que Google est condamné à innover pour garder ce niveau de croissance. Les actionnaires de Google sont ils en train de revivre la frénésie spéculative de la fin des années 90, avant l'éclatement de la bulle internet ? L'envolée du cours de l'action Google et sa valorisation record de 80 milliards de dollars, atteinte en début de semaine, pourraient le laisser croire. Ce n'est pourtant pas l'avis de nombreux analystes financiers, qui se demandent plutôt comment la société va faire pour continuer sur sa lancée. «Google est une entreprise extrêmement rentable, bénéficiant d'une croissance incroyable. Si elle peut poursuivre avec ce niveau de croissance et de marge, elle peut devenir encore plus importante», assure Rob Sanderson, analyste spécialisé dans le multimédia et les communications chez American Technology Research.

En avril, Google a communiqué, pour son premier trimestre, des chiffres qui ont dépassé toutes les prévisions de Wall Street. Sur l'ensemble de l'année, Google devrait gagner 5,17 dollars par action avec un chiffre d'affaires de 3,6 milliards de dollars, selon une enquête réalisée par Thomson Financial, auprès de différents analystes de Wall Street. Pour sa part, Forrester Research prévoit que les annonceurs augmenteront leurs budgets publicitaires en ligne de 25% en moyenne cette année, par rapport à 2004.
Néanmoins, Google joue sur la corde raide, estiment les analystes. L'entreprise devra se rapprocher de la perfection absolue pour maintenir le cours de son action à un tel niveau. Pour maintenir son rythme de croissance effréné, Google pourrait être amené à assouplir ses règles, par exemple en affichant des publicités sur sa page d'accueil, renchérit David Edwards, analyste chez American Technology Group. «L'entreprise a un potentiel phénoménal, mais comme elle ne livre aucune prévision financière, on ignore si ses dirigeants essaient de la gérer comme l'attend Wall Street», ajoute-t-il.