Hausse des taux

Publié le par Christophe

La réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté, mardi 3 mai, d'un quart de point (à 3 %) son principal taux directeur, le taux des fonds fédéraux qui est utilisé pour ses opérations à très court terme avec les banques. Cette décision était prévue par les marchés. Il s'agit de la huitième hausse des taux depuis juin 2004 ­ où ils étaient alors à 1 %, leur plus bas niveau ­, à chaque fois d'un quart.

 

 
Le seul suspense de cette réunion de politique monétaire de la Fed, mardi, résidait dans les propos, toujours très pesés, qui seraient utilisés dans le communiqué expliquant sa décision. Toute modification par rapport au communiqué précédent peut en effet apporter des indications sur la suite de ses actions. Avant la réunion de la Fed, les professionnels se demandaient ainsi si elle allait abandonner sa formulation indiquant qu'elle continuerait à relever ses taux à un rythme "mesuré" . Ne pas mentionner cette phrase aurait alors signifié que la Fed s'apprêtait pour ses prochaines réunions monétaires à abandonner sa politique de petits pas.

Finalement, il n'en a rien été. Dans son communiqué de mardi, la Fed indique qu'"avec une inflation sous-jacente qui devrait être contenue le comité -de politique monétaire- pense que la politique accommodante pourra être abandonnée à un rythme sans doute mesuré" . Elle estime que "la politique monétaire reste accommodante et, combinée à une croissance sous-jacente robuste de la productivité, fournit un soutien continu à l'activité économique" .

Et même si "les chiffres récents suggèrent que la solide croissance des dépenses a un peu ralenti, en partie en raison des augmentations antérieures des prix de l'énergie" , la Fed juge que "les conditions sur le marché du travail continuent apparemment de s'améliorer graduellement" . "Les pressions sur l'inflation ont augmenté ces derniers mois et la marge de manoeuvre pour répercuter les hausses de prix sur les consommateurs est plus évidente" , poursuit-elle.

En résumé, l'activité économique reste correcte et, s'il y a davantage d'inflation, cela n'entrave pas la bonne marche des affaires puisque les entreprises ont retrouvé du pouvoir sur leurs prix de vente.

 

RECTIFICATIF SUR L'INFLATION

 

Les opérateurs interprètent chaque mot du communiqué de la Fed. Ainsi, lorsque la banque centrale a publié son communiqué à 20 h 15, heure française, elle a omis une phrase qui figurait dans son précédent communiqué, à savoir qu'elle jugeait les attentes d'inflation "bien contenues" . Les professionnels ont interprété l'absence de ces quelques mots comme l'indication que la Fed était beaucoup plus inquiète qu'auparavant des risques inflationnistes, et qu'elle pouvait être amenée à relever plus fortement ses taux d'intérêt à l'avenir. Les marchés financiers ont aussitôt réagi : le dollar s'est replié, faisant remonter l'euro au-dessus de 1,29 dollar.

Presque deux heures plus tard, la Réserve fédérale a corrigé sa première version. "Les attentes d'inflation à long terme restent bien contenues" , indiquait le nouveau document. Le dollar a immédiatement effacé ses pertes, et l'euro est revenu à son niveau de départ, à 1,2873 dollar. Un porte-parole de la banque centrale a précisé que cette "erreur humaine" avait été faite par "inadvertance" .

Au-delà de cette réaction spontanée, le dollar a repris une orientation à la baisse, mercredi. Dans les premiers échanges, l'euro s'était redressé à 1,2953 dollar. Selon les économistes de la Société générale, le billet vert devrait rester sur la défensive, dans l'attente du rapport sur l'emploi américain qui sera publié vendredi. A plus long terme, ils estiment que la parité entre l'euro et le dollar "traverse une période de consolidation, partagée entre la poursuite des hausses de taux de la Fed et l'essoufflement des indicateurs économiques" .

Les experts estiment qu'à la fin juin l'euro vaudra 1,32 dollar. Ils justifient cette anticipation de baisse du dollar par un ralentissement du rythme de hausse des taux de la Fed. Attendu pour le second semestre, celui-ci "devrait ramener les facteurs économiques et structurels sur le devant de la scène" . Selon les experts, la Fed devrait procéder à deux hausses de taux durant les six derniers mois de l'année, pour porter le taux des fonds fédéraux à 3,75 % fin décembre.

source : Le Monde.
Publicité

Publié dans Actu des marchés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article