Attente des premiers résultats trimestriels

Wall Street sera toute entière tournée vers les premiers résultats trimestriels de l'année cette semaine - le ralentissement est à l'ordre du jour - sur fond de cherté des cours du pétrole et d'incertitude sur le niveau de taux d'intérêt.
Apple Computer mercredi, PepsiCo jeudi et Citigroup et General Electric vendredi figurent parmi les grands noms qui doivent divulguer leurs comptes cette semaine.
Le taux de croissance moyen de 20% des résultats enregistré l'an dernier, en période faste de très bas taux d'intérêt et de réductions d'impôts, ne se retrouvera pas cette année. Les analystes en sont pratiquement certains.
La semaine qui vient de s'écouler a vu les marchés progresser de 0,7% en moyenne selon l'indice Standard & Poor's 500 et le Nasdaq Composite et de 0,55% à l'aune du Dow Jones.
Selon le consensus, la croissance des profits devrait avoisinner 8% au premier trimestre par rapport au premier trimestre 2004, selon Reuters Estimates. Certains vont jusqu'à 9%. Ceux qui prévoit 10% et plus sont rares.
"Ce sera la première vraie semaine de résultats. Et avec Wal-Mart qui a abaissé ses prévisions de résultats, on va vraiment regarder de près ce que vont publier les sociétés et ce qu'aura été la croissance de la consommation", estime Alex Motola, gérant de fonds chez Thornburg Investment Management.
Wal-Mart Stores, le numéro un mondial de la distribution, a annoncé jeudi que ses résultats du premier trimestre seraient inférieurs à sa précédente prévision, notamment pour des raisons météorologiques. Wal-Mart ne doit pas publier ses comptes avant le mois de mai.
Certaines autres sociétés ont déjà donné des indications. Vendredi après la clôture, Ford Motor a fortement réduit sa prévision de résultat pour l'ensemble de 2005, notamment en raison d'une hausse du coût du pétrole et de l'acier, quelques semaines après le retentissant "profit warning" de son concurrent General Motors. Ford et GM publieront chacun leurs résultats le 18 avril.
EN ARRIERE-PLAN, L'INCONNUE DU PETROLE
Certaines grandes sociétés ont déjà fait paraître les leurs. Ceux d'Alcoa, publiés mercredi, ont été bien accueillis. Le marché a notamment apprécié la hausse de 13% du chiffre d'affaires du numéro un mondial de l'aluminium.
Outre les résultats, les investisseurs suivront aussi de près l'évolution des cours du pétrole après le record du brut léger américain à 58,28 dollars le baril établi lundi dernier. Vendredi, les cours ont poursuivi leur reflux par rapport à ce niveau pour terminer à 53,32 dollars le baril.
Des cours du brut élevés ont tendance à peser sur la consommation des ménages et sur les résultats des sociétés en renchérissant leurs frais.
Certains voient d'ailleurs dans les cours du brut l'explication première à l'évolution des cours de Bourse. "Les prix du pétrole sont le premier moteur des cours boursiers. Si le pétrole continue à monter, la Bourse risque de baisser", estime Tim Ghriskey, responsable de l'investissement chez Solaris Asset Management. "Tout le monde espère que les cours du pétrole vont baisser. Mais le pétrole est dans les mains des spéculateurs, ce qui accentue les fluctuations."
Les ventes au détail pour le mois de mars, à paraître mercredi, donneront des indications sur la consommation des ménages américains, moteur de la croissance économique. Les économistes interrogés par Reutes attendent une hausse de 0,7% après une augmentation de 0,5% en janvier.
Autre donnée relative au moral des ménages, l'indice de confiance du consommateur publié par l'Université du Michigan pour le mois d'avril, que les économistes s'attendent à voir baisser à 91,5 contre 92,6 en mars.
Le marché s'intéressera aussi au compte rendu de la réunion du dernier comité de politique monétaire de la Réserve fédérale du 22 mars, pour tenter d'y trouver des informations sur le rythme à attendre du resserrement monétaire en cours.
La Fed a relevé ses taux directeurs par sept fois depuis le mois de juin 2004, chaque fois de 25 points de base. Un certain nombre d'analystes se demandent si la banque centrale ne va pas passer à un rythme de 50 points par tour de vis. La prochaine réunion de politique monétaire est prévue le 3 mai.
La statistique du déficit de la balance du commerce extérieur pour le mois de févier, qui paraîtra mardi est également très attendue, notamment pour ses implications pour le dollar et indirectement donc pour la Bourse. Les économistes tablaient sur un creusement du déficit qui pourrait atteindre 59 milliards de dollars, après les 58,27 milliards de janvier.
Source : reuters.fr