Lâchée par ses clients, la banque Northern Rock lutte pour sa survie

Publié le par Christophe

La huitième banque britannique Northern Rock semblait lundi condamnée à trouver un repreneur au plus vite pour assurer sa survie, face à l'effondrement de son cours de Bourse et à l'hémorragie des clients qui ont déjà retiré deux milliards de livres d'économies.

Le ministre des Finances britannique Alistair Darling a assuré lundi soir que le gouvernement britannique garantirait l'épargne des clients de la banque Northern Rock aidée actuellement par la Banque d'Angleterre.

La banque britannique Northern Rock, dans la tourmente depuis l'octroi d'une aide d'urgence par la Banque d'Angleterre, a affirmé lundi qu'elle ne discutait avec aucun repreneur potentiel, mais qu'elle étudierait "toutes ses options" dans l'intérêt de ses clients et actionnaires.

En dépit des appels au calme du patron de la banque, Adam Applegarth, et des autorités, les épargnants se sont encore précipités lundi dans les succursales de la banque à travers le pays, dès l'ouverture des guichets qui avait été avancée d'une heure.

Le personnel peinait à absorber le flot de clients inquiets, et de longues files d'attentes s'étiraient toujours en début d'après-midi.

A la Bourse de Londres, l'action du groupe a poursuivi sa chute, finissant la séance en baisse de 35,45% à 282,75 pence, après avoir touché à la mi-journée un plus bas depuis le début de sa cotation en 1997 à 257,25 pence (soit une baisse maximale de 41%).

Sa valeur boursière a fondu de 55,75% depuis jeudi, et de plus de 74% depuis le début de l'année, tombant à 1,19 milliard de livres, soit 1,72 milliard d'euros.

De plus, en dépit des promesses du groupe d'augmenter la capacité de son site internet, l'accès aux comptes en ligne était toujours saturé, ce qui risquait d'accroître encore l'angoisse des clients et de les encourager à venir gonfler un peu plus les files d'attentes en agence.

Selon la BBC, deux milliards de livres (trois milliards d'euros) ont déjà été retirés des caisses de Northern Rock, soit le douzième des dépôts sous sa garde, depuis qu'elle a dû faire appel jeudi en urgence à la Banque d'Angleterre (BoE) pour se refinancer.

Northern Rock, spécialisée dans le crédit immobilier, n'arrivait plus en effet à emprunter d'argent auprès des autres banques, devenant ainsi l'une des premières victimes en Europe de la contraction du crédit.

Les autres établissements, auprès desquels Northern Rock finançait ses emprunts à hauteur de 75%, ne voulaient plus lui prêter de liquidités, s'inquiétant de sa possible exposition au marché des prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis ("subprime").

M. Applegarth a du reconnaître dimanche, dans un entretien au Sunday Telegraph, que l'indépendance de son groupe était désormais compromise, alimentant dans la presse des spéculations sur une vente rapide à un concurrent.

Selon le Financial Times et le Daily Telegraph, le groupe est en quête active d'un repreneur, avec l'appui de la Banque d'Angleterre qui s'est engagée à garantir le financement de Northern Rock quel qu'en soit l'acquéreur.

Selon les deux quotidiens, la BoE avait fait échouer il y a une semaine une offre de rachat de la banque émanant de sa concurrente Lloyds TSB, en refusant justement de couvrir ses problèmes de liquidités.

Les économistes s'inquiétaient également des possibles répercussions sur l'économie britannique. Selon Howard Archer, du cabinet Global Insight, "les images répétées de personnes faisant la queue pour retirer leurs économies pourraient alimenter les craintes que d'autres établissement financiers soient affectés, et augmenter l'inquiétude générale sur l'économie".
 

L'affaire pourrait également écorner la popularité du Premier ministre Gordon Brown. Des opposants conservateurs et libéraux-démocrates l'ont jugé en partie responsable, l'accusant de n'avoir pas lutté contre la spéculation immobilière et la spirale de l'endettement des foyers britanniques lorsqu'il était ministre des Finances, de 1997 à juin dernier.

Le mouvement qui a incité depuis vendredi des milliers de clients de la banque britannique Northern Rock à se rendre dans les agences pour vider leur compte est un exemple de panique bancaire, observé en quelques rares occasions depuis la crise de 1929.

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Publié dans Actu des marchés

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