Explosion des matières premières
La financiarisation des matières premières a porté les métaux non ferreux à des niveaux de prix jamais atteints, à l'image de l'étain, qui a réalisé la plus belle performance de 2006 : + 81 %. En fait, malgré l'appétit gargantuesque de la Chine, la demande n'a pas progressé dans de telles proportions. Il a suffi que les fonds de pension ou d'investissements parient sur la rareté ou une hausse des prix pour que celle-ci se réalise. Ces fonds ont fait décoller de la même manière le nickel, le cuivre ou le plomb.
La nouveauté de l'année est qu'un certain nombre de produits agricoles se sont joints à cette sarabande. Ainsi, le prix du blé a progressé de quelque 60 % sous l'effet d'une météo qui a raréfié le froment aussi bien en Australie et en Asie centrale qu'en Europe. Le maïs ou la canne à sucre, eux, ont profité des sommets atteints par le baril de pétrole et le mètre cube de gaz. Le foisonnement des projets de biocarburants qui en résulte laisse prévoir pour ces végétaux "alcoolisables", une concurrence entre leur usage alimentaire et leur usage énergétique, qui devrait encore accroître leur potentiel de rareté.