Krach boursier en Thaïlande
BANGKOK - 19/12/2006 - La Bourse de Bangkok a connu mardi sa chute la plus importante en 31 ans (-15%) après l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation sur le contrôle de l'afflux des capitaux, qui vise à enrayer la hausse du baht, la monnaie thaïlandaise.
Les pertes de la journée au Stock Exchange of Thailand ont été chiffrées à 816 milliards de bahts (23 milliards de dollars) et, dans la soirée, les autorités ont cherché à calmer les marchés en annonçant un assouplissement de mesures qui avaient déjà été décidées.
Tout au long de la journée, un vent de panique a soufflé parmi les investisseurs et, à la clôture de la séance, l'indice composite des valeurs boursières s'est établi à 622,14 points, soit une baisse de 108,41 points ou 14,84%, marquant ainsi le plus gros plongeon de la bourse en une seule journée depuis son ouverture en 1975.
Dans le sillage de Bangkok, d'autres places financières en Asie affichaient des baisses (entre -2 et -3% à Kuala Lumpur, Singapour, Jakarta et Bombay).
Face à la tempête boursière, les autorités thaïlandaises ont assoupli leur position dans la soirée en exemptant les investissements étrangers effectués via la bourse de la nouvelle réglementation.
Dès les premières transactions, la Bourse de Bangkok avait chuté de 8,85% et tous les échanges avaient été suspendus lorsque le seuil des -10% avait été franchi en milieu de journée.
"Les investisseurs à court terme ont été effrayés par les mesures de la banque centrale et ont fui les valeurs thaïlandaises", a expliqué Tarisa Chaisuntornyotin, analyste chez Siam City Securities. "Les ventes ont été massives. On n'avait jamais rien vu de tel auparavant".
Avant l'ouverture du marché, M. Pridiyathorn était apparu ferme sur la viabilité des nouvelles mesures qui représentent le contrôle le plus strict exercé sur les capitaux depuis la crise de 1997.
Depuis le début de l'année, la monnaie locale avait pris 14% par rapport au dollar, accroissant la pression sur les entreprises exportatrices du pays. Les exportations thaïlandaises représentent 65% de l'économie du pays. Un baht fort diminue leur compétitivité sur les marchés internationaux, ainsi que la valeur des profits rapatriés par les entreprises.
Les pertes boursières à Bangkok sont inquiétantes en ce qu'elles font écho à la crise financière asiatique qui avait éclaté quand le gouvernement thaïlandais avait été forcé de laisser flotter le baht en juillet 1997 dans une tentative de stimuler des exportations alors plutôt molles.