Un ancien salarié de la Société Générale, a mis en ligne ce vendredi sur son blog quelques détails sur la façon dont Jérôme Kerviel aurait réussi à mettre en place la gigantesque fraude
qui a coûté 4,9 milliards d'euros à la Société Générale.
Il explique comment Jérôme Kerviel a pu déjouer les protections, en créant de faux clients grâce au système central du département dérivés actions dans lequel l'ensemble des
"deals" sont "bookés" : "C'est forcément un système très sensible, très contrôlé par différents middle & back offices. Problème, Jérôme Kerviel était issu de ces départements et il a sans
doute gardé des logins lui donnant des accès privilégiés à ce système. A partir de là, il était facile pour lui de traiter sur les marchés en prenant des positions au nom de la
Société Générale, des positions, bien sûr, totalement fictives car sans contreparties...."
Le blogueur explique ensuite que Jérôme Kerviel n'a pas pu continuer à masquer ses activités lors de la chute brutale des marchés mondiaux, les 15, 16, 17 et 18 janvier : "la
position "longue", c'est à dire "acheteuse" a fait perdre énormément d'argent à ce trader qui s'est retrouvé acculé. C'est devenu impossible pour lui de masquer ses opérations frauduleuses en
cause du système d'appels de marge des marchés organisés."
Une affaire qui n’est pas sans rappeler celle de Nick Leeson, qui avait provoqué en 1995 la faillite de la
Barings.
Pour Elie Cohen, professeur à l'Ecole des Sciences politiques, Jérôme Kerviel serait un bouc émissaire , servant à dissimuler les pertes accumulées par la Société Générale à cause des subprimes.